Former pour insérer

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Une des difficultés majeures que rencontrent les bénéficiaires de l’Hospice général concerne la formation. La moitié des personnes à l’aide sociale ne possède pas de formation reconnue. Bien qu’elles disposent de compétences, celles-ci ne sont souvent pas jugées suffisantes sur le marché du travail. Pour y remédier, l’institution développe des formations qualifiantes qui sont particulièrement adaptées aux usagères et usagers. L’accès à la formation, à la certification ou à la micro-certification est au cœur de la nouvelle loi (LASLP). Elle renforce le travail de collaboration entrepris depuis plusieurs années avec l’association OrTra santé-social* et les entreprises pour former les bénéficiaires aux besoins spécifiques du marché du travail. Ces dispositifs sont appelés stages d’activité et de formation en entreprise (SAFE). 

Focus sur les formations et les stages proposés 

SAFE Intendance – Attestation fédérale de formation professionnelle (AFP) d’agent d’intendance 

Le SAFE Intendance propose une formation courte (18 mois) en alternance avec un stage professionnel, avec un taux de réussite élevé (75% ont obtenu la certification) et un fort taux d’accès à l’emploi (60 %). Ces résultats sont le fruit d’une collaboration entre l’office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), l’association OrTra santé-social* et l’Hospice général ainsi que d’un accompagnement rapproché tout au long du parcours de formation. 

En 2025, grâce à une révision de l’ordonnance fédérale, cette AFP s’élargit au domaine de l’hôtellerie et portera désormais le nom d’AFP en Hôtellerie et Intendance. 

SAFE Clean – Attestation fédérale de formation professionnelle (AFP) d’agent de propreté 

Le SAFE Clean repose sur des critères similaires et affiche des résultats comparables. Toutefois, il s’adresse à des bénéficiaires plus éloignés du marché du travail, nécessitant un accompagnement renforcé pour surmonter des problématiques sociales et personnelles, en étroite collaboration avec les travailleuses sociales et travailleurs sociaux. 

Le partenariat élargi inclut l’office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), l’Hospice général, l’École genevoise de la propreté, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et la Fondation Trajet. 

Formation d’agent de sécurité et de surveillance 

Cette formation, qui combine un mois de théorie et trois mois de pratique, constitue l’une des premières micro-certifications proposées par l’institution. Organisée en deux sessions annuelles, elle offre un accès rapide au marché du travail dans le secteur de la sécurité et de la surveillance. Elle inclut également la délivrance d’une carte de légitimation à l’issue de la formation. 

Avec des taux de réussite proches de 100 %, un appel d’offres est prévu en 2025 afin de développer cette filière. Le partenariat inclut l’Académie suisse de sécurité et la Police cantonale pour les aspects liés à la régulation du trafic. 

Auxiliaires d’accompagnement  –  Formation FEGEMS 

L’Hospice général collabore avec la Fédération genevoise des établissements médico-sociaux (FEGEMS) pour proposer un programme de six mois comprenant six semaines de cours et quatre mois de stage à 90 % dans un EMS. Ce dispositif affiche un taux d’accès à l’emploi de 60 %. En plein essor, il inclut une volée pilote issue des classes d’accueil de l’enseignement secondaire Access II, dans le but de permettre à de jeunes migrants d’accéder rapidement à un emploi. 

Programme reconnaissance d’aptitudes pratiques (RAP) 

Ce programme s’inspire d’un modèle valaisan existant depuis plusieurs années ayant montré son efficacité. Il a pour objectif de valider et certifier en entreprise des compétences pratiques de collaborateurs non diplômés.  

Aujourd’hui, le RAP n’existe que dans la filière de la cuisine et il est réalisé par la Société des Cafetiers, Restaurateurs et Hôteliers de Genève et soutenu par l’OFPC et le département de l’économie et de l’emploi. Il répond à trois problèmes majeurs constatés dans cette branche : 

  • La difficulté des entreprises à trouver des professionnels qualifiés
  • Le besoin de reconnaissance et de validation des compétences pratiques pour des collaborateurs
  • Des exigences toujours plus élevées des filières AFP/CFC et un écart grandissant entre les candidats et la filière de formation. 

Pour y remédier, le programme valorise les compétences pratiques acquises qui sont validées progressivement par plusieurs examens effectués sur la base du lexique de compétences AFP/CFC. Le participant est évalué au fur et à mesure qu’il acquiert des compétences en emploi ou en stage. Il peut ainsi obtenir une certification sur un nombre limité de compétences et les augmenter chaque fois qu’un examen couvre de nouvelles acquisitions de compétences pratiques.  

Transformation des stages LIASI vers le modèle LASLP

Avec le passage de la loi sur l’insertion et l’aide sociale individuelle (LIASI) à la loi sur l’aide sociale et la lutte contre la précarité (LASLP), le stage d’évaluation obligatoire LIASI disparaît. Néanmoins, le besoin de pouvoir évaluer des éléments de motivation, de distance à l’emploi ou de méthodologie face au marché du travail reste un point important tout au long de l’accompagnement. C’est la raison pour laquelle les trois acteurs historiques de la LIASI, les Etablissements publics pour l’intégration (EPI), PRO et IPT, ont adapté leurs dispositifs en mesures d’évaluation qui peuvent être actionnés à tout moment de l’accompagnement d’un usager.  

* Association tripartite créée en 2008 qui regroupe des employeurs, des associations professionnelles et des syndicats des domaines santé-social