En décembre 2023, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a fixé pour objectif national d’insérer professionnellement 40 % des personnes titulaires d’un permis S.
Au début 2024, le pourcentage des personnes réfugiées d’Ukraine ayant une activité lucrative était d’environ 10 % à Genève, pour une moyenne nationale de 22 %. Pour l’Hospice général, il s’agit d’intensifier les efforts d’insertion professionnelle des 1’900 personnes suivies, âgées de 18 à 58 ans, sur un total de près de 3’000 titulaires de permis S vivant à Genève.
Une première convention a été signée en mars 2024 avec le Bureau de l’intégration et de la citoyenneté (BIC) pour soutenir les efforts de l’institution afin d’augmenter le taux d’emploi des titulaires de permis S. En parallèle, le Conseil fédéral a enjoint les cantons d’intensifier la collaboration des institutions concernées par l’intégration professionnelle des migrants de la filière asile, soit à Genève, l’Hospice général et l’office cantonal de l’emploi (OCE).
Dès le début de l’été 2024, un plan d’action cantonal pour l’intégration des titulaires de permis S a été élaboré afin d’encourager les entreprises et les institutions publiques à les recruter, y compris pour des emplois à temps partiel ou ne correspondant pas forcément aux formations des personnes. Par ailleurs, de nouvelles mesures d’intégration professionnelle doivent être développées.
Fin août 2024, un comité de pilotage a réuni les représentants des institutions et associations concernées*. Parallèlement, la conseillère d’Etat Delphine Bachmann et le conseiller d’Etat Thierry Apothéloz se sont adressés à toutes les personnes réfugiées d’Ukraine pour leur rappeler leurs droits et leurs devoirs dans le domaine de l’intégration.
Mieux connaître le profil des personnes titulaires d’un permis S
Une évaluation globale du public cible du plan d’action a été réalisée avec l’envoi d’un questionnaire à 1’500 personnes sélectionnées. Le dépouillement de près de 1’300 réponses reçues a permis d’établir les domaines de formation et d’expérience des réfugiés, de se faire une idée de leur niveau de français et d’anglais, de leurs problèmes de santé et des difficultés liées à la garde d’enfants qui réduisent la capacité d’insertion professionnelle.
Des mesures d’évaluation professionnelle et de job coaching précoces en langue d’origine ont été initiées avec la Fondation IPT, mais aussi avec des partenaires inédits comme l’association Ukraine Reborn. Fin 2024, 770 dossiers avaient déjà pu être envoyés à ces deux partenaires.
Une commission mixte est entrée en action en octobre 2024 pour évaluer quels candidats les plus proches de l’emploi seront suivis par l’OCE. À la suite de l’examen conjoint de 200 dossiers, une centaine ont été pris en charge par l’OCE alors que l’Hospice général a assuré le suivi de 250 candidats à l’emploi.
Par ailleurs, plus de 200 personnes étaient en formation à l’accueil de l’enseignement secondaire II (ACCESS II), auprès d’Horizon académique, dans une haute école spécialisée ou à l’Université de Genève.
Des collaborations avec les entreprises privées ont été réalisées, notamment en octobre 2024 lors d’une journée de job-dating avec Manpower, à laquelle une soixantaine de candidats ont participé. La thématique de l’insertion professionnelle des titulaires de permis S a été intégrée au Forum de l’employabilité, organisé par la Fédération des entreprises romandes (FER) le 29 novembre 2024.
Enfin, un cycle de webinaires a débuté en décembre 2024 avec l’objectif d’informer, de motiver et de mobiliser un large public parmi les réfugiés d’Ukraine. La présentation virtuelle a réuni 470 participants autour de la thématique « Droits et devoirs des titulaires de permis S sur le chemin de l’insertion professionnelle », présentée conjointement par l’Hospice général et l’OCE, en collaboration avec Refugees@work. Le programme se développera en 2025.
A fin novembre 2024, l’effectif des titulaires de permis S avec une activité lucrative a atteint 14.3 % à Genève, pour une moyenne suisse de 29.2 %.
* Le comité de pilotage réunit l’office de l’action, de l’insertion et de l’intégration sociales, le Bureau de l’intégration et de la citoyenneté, l’Hospice général, l’office cantonal de l’emploi, le département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse, l’office cantonal de l’inspection et des relatons du travail, l’office cantonal de la population et des migrations ainsi que la Fédération des entreprises romandes, l’Union des associations patronales genevoises et la Communauté genevoise d’action syndicale.